Pneumonie

Pneumonie: qu’est-ce que c’est ?

La pneumonie est une inflammation du poumon située au-delà des bronchioles terminales, provoquée par un agent infectieux (virus, bactérie, parasite ou champignon).

Avant la découverte des antibiotiques, la pneumonie infectieuse (inflammation du poumon) signifiait presque systématiquement infection à pneumocoque (germe, bactérie). Avec l’avènement des antibiotiques, de nombreux autres agents infectieux ont été mis en cause dans la pneumonie. Cette infection est rare. Cependant, il s’agit de la maladie infectieuse responsable du plus grand nombre de décès.

Par opposition à la bronchite qui n’atteint que les bronches (voies aériennes inférieures), la pneumonie est une inflammation du poumon profond. Elle se situe au niveau de l’alvéole, c’est-à-dire là où se font les échanges gazeux (oxygène, gaz carbonique) de l’organisme.

Le pneumocoque vaincu par les antibiotiques

Si de nombreux agents physiques ou chimiques peuvent atteindre l’alvéole, leur action est faible en comparaison des agents infectieux responsables de la plupart des pneumonies, dites alors infectieuses.

Avant la découverte des antibiotiques, l’agent infectieux principalement tenu pour responsable de la pneumonie était le pneumocoque. On peut aisément imaginer que ce germe tient son nom de cette responsabilité. La découverte, au milieu du XXe siècle, de la pénicilline, efficace sur le pneumocoque, a permis de guérir bon nombre de patients. Toutefois, des échecs du traitement antibiotique ont été observés.

Ils s’expliquaient par l’existence d’autres germes, non sensibles à la pénicilline et découverts depuis. Actuellement, on connaît de nombreux agents bactériens, viraux, mycosiques ou parasitaires responsables de pneumonies infectieuses.

Rares mais graves

Avant le développement des structures actuelles de santé, la pneumonie était une infection contractée au cours de sa « vie de tous les jours ». Avec l’apparition de techniques de soins sophistiquées, l’hospitalisation a pris un sens différent et de nombreux patients font un « séjour » en clinique ou à l’hôpital pour des examens ou des soins, notamment chirurgicaux. On différencie alors les pneumonies acquises en dehors de ces structures de celles acquises au cours du séjour hospitalier. Les premières sont dites communautaires, les secondes nosocomiales.

En France, la fréquence des pneumonies infectieuses communautaires est faible : comprise entre 5 et 10 cas par an pour 1 000 habitants. Malgré les antibiotiques et les techniques de soins de réanimation, la mortalité est non négligeable. Elle se situe, dans les pays industrialisés au 6e rang des causes de décès. Il s’agit, toutefois, de la première cause de mortalité d’origine infectieuse.

Pneumonie: comment la reconnaître ?

Le diagnostic d’une pneumonie infectieuse (inflammation du poumon) repose sur l’association de signes en faveur d’une infection (fièvre par exemple) et de signes témoins d’une atteinte pulmonaire (toux, crachats purulents…).

Aux âges extrêmes de la vie, les signes d’une pneumonie peuvent être trompeurs et orienter le diagnostic plutôt vers d’autres organes (tube digestif). Le diagnostic est rarement obtenu avec certitude par le seul examen clinique. Une radiographie des poumons est le plus souvent indispensable. L’isolement du germe responsable de l’infection n’est obligatoire ni pour établir le diagnostic, ni pour débuter le traitement initial.

Chez un adulte sain, sans anomalie respiratoire antérieure, le diagnostic de pneumonie doit être suspecté en cas de fièvre ou des frissons (signes infectieux) et de signes respiratoires tels que la toux, des crachats sanglants ou purulents, des douleurs thoraciques latérales ou un essoufflement. L’examen clinique réalisé par le médecin peut retrouver des anomalies très évocatrices du diagnostic de pneumonie :

  • bouquet d’herpès labial ;
  • foyer pneumonique à l’auscultation (râles crépitants, souffle tubaire) et à la percussion (matité) du thorax.

Cependant, même chez un adulte auparavant en bonne santé, les signes sont rarement aussi francs. L’étude des symptômes peut être pauvre (fièvre minime, toux isolée…) et l’examen clinique presque normal.

Des signes infectieux et respiratoires

De même, chez le vieillard ou le nourrisson, les premiers signes de la maladie peuvent ne pas être de nature infectieuse ou respiratoire. On peut, en effet, être en présence d’une confusion chez un vieillard, d’une diarrhée, de convulsions ou d’une déshydratation chez un nourrisson. Enfin, chez le patient qui a une bronchite chronique, la toux et les crachats purulents sont habituels.

Il faudra donc savoir évoquer le diagnostic de pneumonie devant tous ces signes et demander des examens pour affirmer le diagnostic.

Un bilan sanguin peut être utile pour orienter vers un problème infectieux : élévation des globules blancs, accélération de la vitesse de sédimentation, élévation des paramètres inflammatoires (élévation du taux de la CRP, témoin de l’inflammation, au-dessus des valeurs normales). Un bilan normal peut presque éliminer une pneumonie. Un bilan anormal n’affirme pas qu’une pneumonie est à l’origine des perturbations.

La radiographie pulmonaire est la clé du diagnostic

La radiographie des poumons devra être demandée au moindre doute. En cas de pneumonie, on peut, en effet, observer la présence d’infiltrats (opacités radiologiques) évocateurs. Cette radiographie peut, par ailleurs, montrer l’extension de l’infection (étendue des infiltrats à un lobe, plusieurs lobes, un poumon ou les deux poumons).

En cas de doute diagnostique, le médecin traitant peut demander l’aide d’un pneumologue. Outre la radiographie pulmonaire, celui-ci pourra effectuer des explorations complémentaires telles qu’une gazométrie sanguine. Par ponction d’une artère, il analysera le taux d’oxygène et de gaz carbonique dans le sang. En cas de pneumonie, le taux d’oxygène est inférieur à la normale.

Les germes responsables

L’isolement du germe responsable n’est que rarement indispensable. Pour la plupart des malades qui vont être traités à leur domicile, cette recherche est inutile. Les germes le plus souvent en cause sont connus et les antibiotiques prescrits sont efficaces. Les prélèvements ne sont réalisés que dans les formes graves qui nécessitent une hospitalisation ou une admission en réanimation.

La façon dont débute la pneumonie peut orienter le médecin vers tel ou tel germe. Un début très brutal, d’une heure à l’autre, évoque comme germe responsable un pneumocoque. Un début progressif, en quelques jours, évoque plutôt les autres germes. Cette orientation n’est pas formelle à 100 %, mais elle peut guider le médecin pour le choix des antibiotiques.

Pneumonie: d’où cela vient-il ?

Dans les pneumonies infectieuses, l’inflammation est liée à la présence au niveau de l’alvéole pulmonaire d’un agent infectieux. La connaissance du germe permet de déterminer les causes de la pneumonie.

La connaissance de l’agent infectieux permet au médecin de prescrire un traitement antibiotique potentiellement efficace. L’important n’est pas toujours la connaissance individuelle, pour chaque patient, de l’agent en cause. En effet, les études faites de façon globale dans une population de sujets malades ont permis aux médecins de connaître l’ensemble des germes en cause. Les traitements antibiotiques prescrits prennent en compte toutes ces données étiologiques.

Avant la découverte des antibiotiques, la survenue d’une pneumonie était synonyme d’infection à pneumocoque.

Le pneumocoque

Aujourd’hui encore, le pneumocoque demeure le germe responsable le plus fréquemment. Il faut toujours avoir cette donnée à l’esprit. Le traitement antibiotique prescrit devra toujours être efficace sur ce germe.

On assiste depuis une dizaine d’années à l’apparition des pneumocoques devenus résistants à beaucoup d’antibiotiques (pénicilline, macrolides…). Cela survient surtout lorsque l’infection est contractée dans une collectivité (maison de retraite, crèches), aux âges extrêmes de la vie ou chez un patient qui a déjà reçu, pour quelque raison que ce soit, un traitement antibiotique au cours des mois précédents. De tels faits devront être précisés au médecin pour le choix d’un traitement efficace sur ces germes plus résistants.

Les autres agents infectieux

De nombreux germes, autres que le pneumocoque, peuvent provoquer une pneumonie : haemophilus influenzae, moraxella catarrhalis, legionella pneumophila, mycoplasma pneumoniae, chlamydia pneumoniae oupsittaci. Bien que moins souvent responsables, ils sont le plus souvent pris en compte par le prescripteur. Les virus des voies respiratoires (virus grippal, VRS…) sont également des agents potentiellement responsables d’infection des poumons. Le bacille tuberculeux peut également atteindre le poumon. On ne parle pas alors de pneumonie mais de tuberculose pulmonaire.

En France, les champignons (aspergillus) et les parasites (pneumocystose) sont rarement en cause chez les sujets dont les défenses immunitaires ne sont pas considérablement atteintes. En revanche, lorsque les défenses sont presque absentes (Sida, disparition des globules blancs au cours des chimiothérapies anticancéreuses), de tels agents peuvent provoquer une pneumonie.

La recherche de l’agent infectieux

Pour connaître l’agent infectieux en cause, le médecin peut se guider sur la façon dont débute la pneumonie. Si le début est brutal, d’une heure à l’autre, il faut toujours évoquer le pneumocoque. S’il est plutôt progressif, il faut alors penser à d’autres germes comme mycoplasma pneumoniae.

Le médecin peut aussi réaliser quelques recherches :

  • Prélèvement de sang pour culture (hémocultures) et recherche d’anticorps (sérologies) ;
  • Prélèvement des sécrétions issues des bronches. Elles sont recueillies par crachat ou par mise en place d’une sonde dans les bronches (endoscopie).

Le caractère peu agréable de ces recherches étiologiques et leur faible utilité pour le traitement antibiotique font qu’elles sont essentiellement pratiquées lorsque le patient présente une pneumonie très grave (hospitalisation), que ses défenses sont très altérées ou qu’il n’est pas guéri par le traitement antibiotique initial.

Pneumonie: quels risques ?

Les facteurs de risque correspondent aux anomalies de l’état de santé antérieur qui peuvent favoriser la survenue d’une pneumonie. Leur connaissance permet parfois un traitement préventif (vaccination) ou un diagnostic plus rapide.

Le plus souvent, le germe s’introduit dans les bronches par voie aérienne. Une fois qu’il a atteint les bronches, le germe se heurte aux défenses locales (cils vibratiles) qui vont tenter de l’éliminer en le rejetant au-dehors. S’il franchit ces défenses mécaniques, il va ensuite rencontrer les défenses situées au niveau de l’alvéole pulmonaire (globules blancs, anticorps). Les troubles de la déglutition et l’altération des deux mécanismes de défense favorisent la survenue d’une pneumonie.

Le plus souvent, le germe pénètre dans le poumon par voie aérienne. Cette pénétration peut se faire à partir de l’air qui nous entoure. Il n’existe alors aucun facteur favorisant ou protecteur connu, en dehors de mesures d’isolement exceptionnelles qui sont employées en cas de maladie contagieuse déjà déclarée (tuberculose par exemple).

Il faut alors considérer cette contamination comme parfois inéluctable ou inexpliquée. Toutefois, il faut savoir que le germe qui pénètre dans les voies aériennes provient parfois de la bouche. Il est alors inhalé (pénétration dans les voies aériennes) et non pas avalé (pénétration dans les voies digestives). Toutes les circonstances qui favorisent l’inhalation des germes de la bouche favorisent la survenue d’une pneumonie.

Cette inhalation peut être :

  • accidentelle (noyade) ;
  • ou provoquée par une altération de mécanismes normaux de la déglutition (la déglutition est un réflexe complexe qui permet à l’air d’aller dans la trachée et aux liquides ou solides d’aller dans l’estomac. On ne peut, en principe, faire les deux en même temps).

La déglutition normale est perturbée par l’alcoolisation aiguë, les accidents neurologiques (paralysies, rupture de la moelle épinière, sclérose en plaques), les tumeurs du larynx ou de la bouche (amygdales, langue).

Lorsque le germe atteint les bronches

Il rencontre un mécanisme de reflux qui le fait remonter (cils vibratiles). Ce mécanisme microscopique est altéré par toutes les maladies de la muqueuse bronchique : bronchite chronique, tabagisme, mucoviscidose, dilatation des bronches, cancer bronchique, bronchite induite par les poussières ou les toxiques industriels.

Dans ces circonstances anormales, le germe va atteindre l’alvéole pulmonaire plus facilement. Elles favorisent donc la pneumonie. Parfois l’altération de la muqueuse bronchique est elle-même induite par un virus tel que celui de la grippe. La bronchite grippale prédispose à la survenue secondaire d’une pneumonie due à un autre germe.

Une fois que le germe a atteint l’alvéole, il va se heurter aux défenses locales assurées par les globules blancs et les macrophages (cellules tueuses de germes) et les anticorps. Toutes les circonstances qui altèrent ces moyens naturels de défense favorisent la survenue d’une pneumonie. Il s’agit des pathologies de la rate (ablation chirurgicale de cet organe, organe non fonctionnel – cirrhose ou drépanocytose par exemple -), des traitements qui détruisent les globules blancs (chimiothérapies anticancéreuses), de l’infection par le virus du Sida ou des défauts de fabrication des anticorps (agammaglobulinémies). On peut également noter une baisse des défenses de l’organisme aux âges extrêmes de la vie (vieillard, prématuré), chez le diabétique ou l’alcoolique.

Pour terminer, il faut évoquer les cas où le germe atteint le poumon directement par voie sanguine (septicémie). Toutes les maladies ou situations anormales où un germe peut s’introduire dans le sang (toxicomanie, infection des valves cardiaques…) peuvent se compliquer d’une pneumonie car le poumon sert de filtre antibactérien.

Dans toutes ces circonstances anormales, la pneumonie est plus fréquente que chez un sujet sain. Il faudra donc y penser plus souvent en présence d’une fièvre ou de symptômes respiratoires. Il faudra également penser aux mesures de prévention par une vaccination contre le pneumocoque (germe) ou la grippe.

Pneumonie: quels facteurs aggravants ?

Certaines pneumonies sont plus graves que d’autres surtout chez les patients en mauvaise santé ou âgés.

Même si deux patients ont une pneumonie due au même germe, la gravité de l’infection n’est pas toujours identique. Certaines maladies associées ou tout simplement l’âge peuvent rendre l’infection plus sévère. La connaissance de ces facteurs aggravants est indispensable pour que le médecin puisse décider où le patient sera traité avec le plus de sécurité possible (domicile ou surveillance dans un milieu médicalisé).

La survenue d’une pneumonie est plus ou moins bien supportée selon les cas. Même si la nature du germe peut parfois influencer la gravité de l’infection, c’est surtout l’âge et la présence de maladies antérieures ou associées qui modifient la tolérance.

Le premier élément est donc l’âge. Bien évidemment, ce n’est pas l’âge civil mais plutôt l’âge physiologique qui intervient. Pour donner un exemple, une pneumonie est plus grave chez un jeune patient leucémique que chez un jeune retraité en bonne santé ! Toutefois, il faut bien fixer les choses et l’âge civil de 65 ans est celui au-delà duquel les pneumonies sont considérées comme potentiellement plus graves.

Les maladies associées qui accentuent la gravité de la pneumonie

  • Insuffisance cardiaque congestive (œdèmes des membres inférieurs, œdème du poumon).
  • Insuffisance rénale (élévation de l’urée, dialyse chronique).
  • Maladie vasculaire cérébrale (paralysie liée à une hémorragie ou à une thrombose des artères cérébrales ou carotides).
  • Maladie du foie (cirrhose alcoolique ou hépatite virale chronique B ou C).
  • Bronchite chronique avec diminution des capacités pulmonaires.
  • Altérations des défenses immunitaires (immunodépression) : corticoïdes par voie générale (comprimés ou injection intraveineuse ou intramusculaire) en traitement prolongé (plus de 6 mois), chimiothérapie anticancéreuse dans les 6 mois précédents, immunosuppresseurs (traitement des greffés ou de certaines maladies inflammatoires chroniques), infection chronique par le virus du Sida (VIH) lorsque le nombre de lymphocytes CD4 est bas (la trithérapie actuelle maintient élevé le nombre de ces lymphocytes, le risque de pneumonie est donc faible), ablation de la rate ou cachexie par dénutrition.

Il faut également considérer que les patients qui ont déjà fait une pneumonie et ceux qui ont été hospitalisés dans l’année écoulée ont un risque de pneumonie sévère.

Ces facteurs sont aggravants de deux façons différentes :

  • ils peuvent aggraver la pneumonie qui va se compliquer d’une détresse respiratoire (étouffement par manque d’oxygénation au niveau du poumon) ou s’étendre aux organes voisins (pleurésie purulente, septicémie, méningite) ;
  • la pneumonie peut faire décompenser la maladie antérieure (insuffisance cardiaque, coma).

Il faudra donc les prendre en compte pour décider ou non de traiter le patient à son domicile. Leur présence signifie que le patient peut à tout moment présenter une défaillance qui mettra sa vie en danger. Il faudra donc apprécier ce risque et, s’il est important, il est logique de confier le patient à une structure capable de le surveiller, de prévenir la décompensation ou à même de la traiter rapidement.

Pneumonie: comment vivre avec ?

Outre le traitement antibiotique indispensable, un certain nombre de mesures complémentaires ayant trait au confort du patient et à son mode de vie sont utiles au cours de l’évolution de la pneumonie.

On conçoit aisément que le repos au lit soit indispensable au début de la maladie, lorsque la fièvre est importante. Celle-ci sera, comme nous l’avons vu, respectée pendant les premiers jours pour surveiller l’efficacité du traitement. On évitera donc les situations qui aggraveraient cette hyperthermie (augmentation de la température du corps). De même, on prendra soin de lutter contre la déshydratation induite par la fièvre. Le retour à une vie normale sera progressif.

Les premiers jours de la maladie, le repos au lit paraît indispensable, notamment du fait de l’hyperthermie. Celle-ci sera respectée afin de suivre l’évolution naturelle de la température. Ceci représente le moyen le plus simple et le plus sûr de juger de l’efficacité du traitement antibiotique.

Quelques conseils relatifs à l’hyperthermie

Les exceptions concernent les enfants en bas âge et les sujets très âgés qui peuvent mal tolérer cette fièvre (convulsions, confusion…). Ceux-ci bénéficieront d’un éventuel traitement fébrifuge.

Chez les patients pour lesquels la fièvre évoluera de façon naturelle, on évitera tout ce qui peut accentuer l’hyperthermie : chambre trop chauffée, couvertures trop nombreuses, enfant trop couvert… Ceci n’est pas toujours facile à réaliser, en raison, en particulier, de la sensation de froid que peut ressentir le malade. Une explication rationnelle de la part du médecin est donc un préalable indispensable.

Conséquences de l’hyperthermie

Parmi les différentes conséquences de l’hyperthermie, la déshydratation est, peut être, l’une des plus fréquentes. On veillera donc à ce que le patient boive suffisamment. L’apport de liquide devra, également, comporter du sel. Les jus de fruits ou les potages de légumes seront recommandés.

Passée la période initiale de la maladie, le patient apyrétique (sans fièvre) va demeurer affaibli pendant un temps plus ou moins long. Il devra donc observer un repos, sans activité physique ou professionnelle pendant quelques jours, voire quelques semaines.

Pneumonie: quel traitement ?

Bien que certaines pneumonies puissent guérir spontanément, un traitement antibiotique est généralement indispensable. Il est l’élément principal de la thérapeutique.

Depuis la découverte des antibiotiques, la mortalité associée à la pneumonie infectieuse (inflammation du poumon) a diminué. Ce traitement est donc reconnu comme indispensable. Le médecin choisira le type d’antibiotiques selon les données de son examen clinique et selon le patient et ses maladies antérieures. A cela devra s’ajouter le traitement des complications potentielles ou présentes. Enfin, un traitement permettant d’éviter les récidives devra être recherché.

Le traitement antibiotique est un élément incontournable de la prise en charge thérapeutique du patient souffrant de pneumonie. Ce traitement peut être considéré comme relativement urgent. Il devra débuter dès que le diagnostic est fait. Comme le germe en cause n’est alors jamais connu, le traitement se basera sur les connaissances du médecin, ses données d’examen et l’analyse de l’état de santé global du patient. Dans le jargon médical, ce traitement est dit « probabiliste ».

Un traitement codifié

Afin d’éviter les erreurs, ce traitement a été codifié et les schémas proposés sont presque identiques dans les pays occidentaux. Trois grandes familles d’antibiotiques peuvent être utilisées :

  • les pénicillines actives sur le pneumocoque et peu actives sur les germes comme le mycoplasme ;
  • les macrolides, moins actifs sur le pneumocoque mais plus actifs sur le mycoplasme ;
  • les nouvelles quinolones actives sur le pneumocoque et le mycoplasme.

Les recommandations sont les suivantes :

Pour un sujet sans aucune maladie antérieure, présentant une pneumonie peu grave :

  • si le début de la maladie est brutal, il faut toujours craindre le pneumocoque. Un traitement par une pénicilline est recommandé ;
  • si le début est progressif et que le sujet est jeune, il faut plutôt évoquer un mycoplasme et un traitement par un macrolide est préconisé.

Dans tous les autres cas, et surtout si le patient présente des facteurs aggravants, le « droit à l’erreur » n’existe pas et l’on peut proposer soit un traitement antibiotique double (pénicilline + macrolide) soit un traitement par une nouvelle quinolone.

Surveiller la température

Dès que l’on comprend qu’il est presque impossible avec un seul antibiotique d’agir sur tous les germes potentiellement responsables de la pneumonie, on admet l’intérêt de la surveillance de la température pendant les 2 à 3 premiers jours.

Si la température se normalise, c’est que le traitement est efficace et inversement. Il s’agit donc du seul moyen de surveillance dont dispose le médecin pour savoir si son traitement initial probabiliste, véritable pari, est correct ou non. S’il est incorrect, il devra changer de traitement dès le 2e ou 3e jour.

Eviter certains médicaments

On comprend donc également le caractère néfaste des médicaments contre la fièvre (aspirine, paracétamol). Ils peuvent, en effet, masquer l’échec. Il faut donc s’en passer dans la mesure où la fièvre n’est pas dangereuse pour le malade. On les réservera aux nourrissons (convulsions fébriles) et aux sujets très âgés. Cette absence de traitement contre la fièvre devra s’accompagner des règles d’hygiène pour éviter la déshydratation et l’hyperthermie (augmentation de la température du corps) sévère.

Le médecin devra également évaluer l’intérêt à poursuivre ou à stopper les médicaments usuellement pris par le patient. Leur arrêt intempestif peut provoquer une aggravation des maladies antérieures (coma diabétique si arrêt de l’insuline, infarctus si arrêt du traitement de l’angine de poitrine, etc.). A l’inverse, leur poursuite peut aggraver la pneumonie (traitements anti-inflammatoires de l’arthrose…).

Lorsque des complications surviennent, celles-ci peuvent nécessiter un traitement adapté. Celui-ci relève le plus souvent du pneumologue ou du médecin spécialiste concerné par l’organe défaillant.

A la guérison de la pneumonie, un bilan devra être fait pour en rechercher les facteurs favorisants. Le traitement de ceux-ci permettra, parfois, d’éviter les récidives (ablation d’un corps étranger bronchique, vaccination…).

Pneumonie: pneumonie et vie en institution (maison de retraite médicalisée)

Les sujets âgés qui vivent en collectivité présentent des pneumonies plus rares et plus difficiles à traiter.

L’évolution de la société fait qu’un certain nombre de sujets âgés quittent leur domicile pour vivre en collectivité, dans des maisons de retraite, bien souvent médicalisées. Ce mode de vie modifie les caractéristiques des pneumonies infectieuses (inflammation des poumons). Celles-ci sont parfois plus fréquentes. Elles sont plus graves et plus difficiles à traiter.

Même si un patient vivant dans une maison de retraite peut souffrir d’une pneumonie infectieuse (inflammation du poumon) « banale », identique à celle qu’il aurait présentée à son domicile, certaines des particularités suivantes sont souvent observées.

La fréquence des pneumonies infectieuses

Cette fréquence peut être accrue par la vie en collectivité. La pneumonie est rarement contagieuse mais elle peut l’être (grippe, par exemple). Le fait de côtoyer quotidiennement des sujets potentiellement malades augmente le risque de petites épidémies. La vaccination collective contre la grippe ou le pneumocoque (germe, bactérie) est un moyen de lutte reconnu contre ces épidémies.

Le diagnostic

Il est souvent difficile car la présentation clinique (symptômes) est trompeuse : peu de fièvre, troubles digestifs, confusion mentale. De même, l’examen clinique est souvent délicat, par manque de coopération du malade. Enfin, la réalisation d’une radiographie du thorax n’est pas simple.

Il faut appeler une ambulance, trouver une personne pour accompagner le malade, faire accepter au patient de quitter son lit… Le diagnostic est donc souvent tardif, ce qui accentue la gravité de l’atteinte des poumons.

Les germes responsables des pneumonies en collectivité

Ils sont parfois différents de ceux responsables des pneumonies dites de ville (contractées dans la vie courante). Ceci s’explique par la promiscuité, l’usage fréquent des antibiotiques (dans un groupe de sujets âgés, il y a presque toujours un patient qui reçoit un tel traitement) et la présence de patients porteurs d’infections chroniques (bronchite, infection urinaire, infection cutanée).

Les germes responsables de pneumonie sont donc assez proches de ceux que l’on rencontre à l’hôpital (infection nosocomiale).

La pneumonie est souvent plus grave

Elle est souvent plus grave, simplement à cause de la présence presque inéluctable de facteurs aggravants de la pneumonie : âge supérieur à 65 ans, insuffisance respiratoire, cardiaque ou rénale par exemple. Cela peut paraître évident mais si elles n’étaient pas âgées et souffrantes, ces personnes seraient restées chez elles !

Le traitement antibiotique

Ce traitement est, comme pour les plus jeunes ou les moins malades, obligatoire. Comme les germes en cause sont plus nombreux et bien souvent plus résistants aux antibiotiques, le traitement repose souvent sur plusieurs antibiotiques prescrits parallèlement.

Les capacités digestives des sujets âgés sont souvent diminuées (refus de s’alimenter, vomissements, troubles de la déglutition – fausses routes). Le recours à une perfusion intraveineuse ou à l’injection intramusculaire pour l’administration des antibiotiques est donc souvent indispensable.

La surveillance des patients âgés souffrant de pneumonie

Cette surveillance devra être très étroite car les complications sont plus fréquentes. Il faudra donc les dépister au plus tôt pour les traiter efficacement.