Anomalies congénitales du pied : Comment les reconnaître ?

Toute anomalie du pied présente à la naissance est congénitale. Il peut s’agir d’une malformation (anomalie des structures constituant le pied) ou d’une malposition (pied normal en mauvaise position).

Anomalies congénitales du pied : Définition

Les anomalies congénitales du pied regroupent toutes les déformations constatées à la naissance. Il faut d’emblée différencier les malformations, dont le pronostic sera lié au type de malformation, et les malpositions, qui ont un excellent pronostic avec une prise en charge adaptée.

Anomalies congénitales du pied

Anomalies congénitales du pied

La malformation du pied

Elle correspond à un défaut de développement des structures constituant le pied (os, muscle, tendon, nerf, peau). Ceci se produit au cours des deux premiers mois de la grossesse, c’est-à-dire pendant l’embryogenèse. La formation des membres débute à la fin du premier mois et se déroule durant tout le deuxième mois. Ce phénomène complexe peut être perturbé par une « agression » extérieure, même banale, par une anomalie génétique ou par une « erreur de programmation » dans le déroulement de cette phase de formation de l’embryon.

Actuellement, il persiste de nombreuses incertitudes sur les mécanismes permettant ces malformations. Ces dernières étant présentes dès le début de la grossesse, elles peuvent être diagnostiquées grâce à l’échographie anténatale (entre la 16e et la 20e semaine).

Dans ce cas, il est particulièrement important de rechercher à l’échographie une autre malformation d’un autre appareil (cerveau et moelle épinière, cœur, tube digestif, rein, etc.) et une anomalie génétique grâce à l’étude du caryotype (analyse des chromosomes) après un prélèvement du liquide amniotique lors d’une amniocentèse. Une des malformations les plus fréquentes est le pied bot varus équin.

La malposition du pied

Elle correspond à un pied qui s’est formé normalement durant la grossesse mais qui a pris une mauvaise position à la fin de la grossesse. En effet, lors du dernier trimestre, le fœtus grandit et grossit énormément. Il va devoir adapter sa position pour pouvoir utiliser la place dont il dispose dans l’utérus maternel. En particulier, s’il est gros, s’il est en position du siège, s’il est accompagné d’un ou de plusieurs frères ou sœurs (grossesse multiple), il va replier ses pieds, son cou, pour se recroqueviller dans la position fœtale qui, à l’extrême, va déformer son corps et ses pieds. Toutes les positions sont possibles.

Le diagnostic de ces malpositions ne peut se faire qu’après la naissance, en aucun cas lors d’une échographie anténatale. Le pronostic est très favorable car le pied est normal. Une prise en charge adaptée à chaque cas permet de corriger cette déformation. Les malpositions du pied que l’on peut rencontrer sont le pied talus, le metatarsus adductus ou varus, le pes supinatus, le pied talus valgus.

Anomalies congénitales du pied : Comment les reconnaître ?

Les anomalies congénitales du pied regroupent toutes les déformations du pied constatées à la naissance. Il faut d’emblée différencier les malformations avec une déformation rigide et les malpositions réductibles.

Avant la naissance, certaines malformations des pieds peuvent être diagnostiquées lors des échographies anténatales. Dans ce cas, il est particulièrement important de savoir si elles sont isolées ou associées à d’autres malformations d’un autre appareil (cerveau et moelle épinière, cœur, tube digestif, rein, etc.) et de rechercher une anomalie génétique grâce à l’étude du caryotype (analyse des chromosomes) après un prélèvement du liquide amniotique lors d’une amniocentèse. Le pronostic peut être totalement différent et conduire à une interruption de grossesse lors de malformations associées.

La malformation du pied se voit à la naissance

Cette malformation est visible lorsqu’un ou les deux pieds sont déformés ou ont une anomalie anatomique (absence d’orteil, orteil surnuméraire, absence de commissure).

Les anomalies des orteils :

  • Absence d’un orteil (agénésie) : un ou plusieurs orteils sont absents. Généralement, cette anomalie est plus complexe avec une absence ou une anomalie du squelette osseux au-dessus de cette anomalie (le métatarsien au niveau du pied, le péroné ou le tibia au niveau de la jambe).
  • Orteil surnuméraire : dans la majorité des cas, il s’agit d’un sixième orteil soit sur un pied soit sur les deux pieds. Ceci est assez fréquent dans certaines familles, associé à un sixième doigt au niveau de la main.
  • Absence de commissure : deux orteils sont collés. Cette anomalie est très fréquente, souvent familiale, le plus souvent entre le troisième et le quatrième orteil et alors sans conséquence. Elle se situe exceptionnellement entre le premier et le deuxième et doit être opérée vers l’âge d’un an.

Les malformations du pied lui-même :

Elles se présentent avec un pied déformé et assez raide. La mobilisation du pied ne permet pas de corriger complètement la déformation. La plus fréquente est le pied bot varus équin. Le pied présente une déformation peu réductible correspondant à une cheville en extension (équin de la cheville), un talon incliné en dedans (varus de l’arrière pied) et la plante du pied tournée vers le dedans (supination de l’avant pied).

La malposition du pied ne se voit qu’après la naissance

Il s’agit d’un pied qui est normalement constitué mais qui présente une mauvaise position totalement ou presque totalement réductible à la mobilisation. On peut distinguer :

  • le pied « talus » : il existe une hyperflexion dorsale de la cheville, le dos du pied pouvant toucher la face antérieure de la jambe ;
  • le « metatarsus adductus » ou « varus » : il existe une déviation de l’avant pied en dedans par rapport à l’arrière pied.