Alzheimer, quels examens ?

Ce sont des lésions microscopiques situées dans le cortex cérébral des sujets atteints de maladie d’Alzheimer et considérée comme la « signature » de la maladie.

C’est dès 1907 que l’Allemand Alois Alzheimer a décrit les caractéristiques microscopiques du cerveau des patients souffrant de la maladie. Les deux principales anomalies sont les plaques séniles (également appelées plaques neuritiques) et les dégénérescences neurofibrillaires. Depuis lors, on réserve le terme de maladie d’Alzheimer à une démence progressive, quel que soit son âge de survenue, possédant ces deux anomalies dans le cortex du cerveau.

Le diagnostic ne peut être fait avec certitude du vivant du malade

Cela signifie que le diagnostic de maladie d’Alzheimer ne peut pas être fait du vivant du malade, en tout cas, pas avec certitude, puisqu’il n’existe à l’heure actuelle aucun examen pouvant mettre en évidence cette anomalie, sauf à réaliser une très dangereuse et éminemment hasardeuse biopsie cérébrale (enlever un morceau de cerveau pour l’analyser au microscope), ce qui ne se justifie pas dans l’état actuel des possibilités thérapeutiques. Il s’agit donc seulement d’un diagnostic d’élimination qui repose sur une supposition plus ou moins forte sur des arguments indirects (analyse des symptômes, typicité de l’évolution, absence de toute autre cause décelable par les examens sanguins, ou les images radiologiques du cerveau).

Les dégénérescences neurofibrillaires ou DNF

Dégénérescences neurofibrillaires Ce sont des anomalies retrouvées en grand nombre sous forme d’amas à l’intérieur des neurones (cellules cérébrales) de patients décédés de maladie d’Alzheimer. Il s’agit de fragments de protéines se présentant sous forme de filaments hélicoïdaux assemblés par paires. Diverses protéines composent ces filaments, mais l’une des plus caractéristiques, la protéine Tau, a été étudiée tout particulièrement par les chercheurs qui ont même découvert le gène qui permet sa production.

La raison pour laquelle ces protéines s’amassent dans les neurones n’est pas connue, ni la raison pour laquelle elles adoptent cette forme de paires hélicoïdales. Le nombre, la densité et la diffusion des DNF seraient proportionnels à l’intensité de la détérioration intellectuelle et au degré d’évolution de la maladie, ce qui semble en faire un marqueur de la gravité de la maladie. Toutefois, la présence de ces anomalies dans de nombreuses autres affections dégénératives du cerveau fait que le diagnostic de maladie d’Alzheimer ne peut reposer seulement sur ces anomalies intracellulaires.

Les plaques séniles

Plaques séniles Elles constituent une autre forme d’agrégats retrouvés en grande quantité dans le cerveau de patients décédés de maladie d’Alzheimer, mais, à l’inverse des précédentes, situées à l’extérieur des cellules cérébrales (bien que toujours dans le cortex).

Elles sont formées de deux parties : une partie centrale arrondie faite de dépôts d’une substance très particulière entrant dans la composition du cerveau normal, la protéine bêta-amyloïde, entouré d’un amas de débris de prolongements de neurones, sortes de fagots de « petit bois » entourant en couronne le centre amyloïde. L’importance de la protéine bêta-amyloïde réside dans le fait que les généticiens ont pu localiser sur le chromosome 21 le gène qui permet sa fabrication et ainsi suspecter une anomalie de ce gène comme cause de certaines formes familiales de la maladie. Mais ces formes sont tout à fait exceptionnelles et tout laisse à penser que la plupart des cas de maladie d’Alzheimer ne souffrent d’aucune anomalie du chromosome 21.

DNF et plaques séniles sont retrouvées en grand nombre dans tout le cerveau de patients décédés de maladie d’Alzheimer, mais particulièrement dans l’hippocampe, structure bien connue pour son rôle majeur dans la mémoire, les régions frontales et pariétales de cortex associatif (c’est-à-dire les parties du cerveau les plus « récentes » dans l’échelle des mammifères) et certains noyaux de la profondeur du cerveau (comme le noyau de Meynert, qui est le principal réservoir d’une substance chimique, l’acétylcholine, dont le rôle spécifique dans la mémoire a été largement démontré).

Dans ces différentes localisations cérébrales, les deux marqueurs décrits ci-dessus sont systématiquement accompagnés d’une perte de la densité des neurones, considérée comme la marque d’un processus de mort cellulaire anormalement important ou accéléré pour des raisons qui ne sont pas encore connues.

On peut visualiser indirectement ces anomalies en étudiant la répartition du débit sanguin dans le cerveau grâce à des examens qui ne sont pas pratiqués couramment, comme la tomographie à émission de positons, ou la scintigraphie cérébrale par injection d’un isotope radioactif dans la circulation sanguine. On peut ainsi mettre en évidence une diminution de l’apport de sang dans les régions pariétales et/ou frontales qui traduit le fait que les régions qui ont perdu le plus de neurones fonctionnent de manière moins intense et donc nécessitent moins d’apport de nutriments (oxygène, glucose) par le sang.