Allergie au pollen

Allergie au pollen: qu’est-ce c’est ?

La pollinose est l’ensemble des manifestations allergiques provoquées par le contact des pollens avec la peau ou les muqueuses, notamment oculaires et nasales. Il s’agit des plus fréquentes et plus pures manifestations de l’atopie ou allergie immédiate.

Le rhume (rhinite) allergique est la plus fréquente des manifestations allergiques. Le rhume des foins (pollinose), qu’on nomme également rhinite saisonnière en raison du grand nombre de pollens responsables (autres que les graminées), en est la représentation la plus pure. La relation entre l’intensité des symptômes et la quantité de grains de pollen présents dans l’atmosphère a été mise en évidence dès 1873 par Blackley.

Cette relation a été confirmée par la mesure des grains de pollens dans les comptes polliniques, révélant la grande diversité de ces pollens selon les régions, les saisons, les conditions climatiques, permettant d’établir des calendriers polliniques par région. Il s’agit d’une maladie touchant plutôt l’enfant et l’adulte jeune. Dans près de trois-quarts des cas, la maladie survient avant l’âge de 20 ans.

Le rôle de l’environnement

Comme dans la plupart des maladies allergiques, l’environnement et l’écologie jouent un rôle primordial dans le développement des allergies. L’évolution de notre vie sociale a modifié les aspects de la pollinose. Auparavant, la majorité des symptômes provoqués par les pollens étaient dus aux graminées. Elles ont donné le nom courant de rhume des foins à la rhinite saisonnière.

Actuellement, d’autres pollens sont en passe de rattraper les graminées, notamment ceux des arbres, et dans certaines régions, des pollens comme ceux du cyprès en Provence et de l’ambroisie dans la région rhodanienne, sont devenus ennemis publics n° 1, et ont été classés polluants biologiques.

Allergie au pollen : les différents pollens

Les périodes de pollinose tardive et la grande saison des graminées jouent un rôle important dans l’apparition des allergies aux pollens.

Selon les périodes de floraison qui déterminent la pollinisation, on distingue les pollinoses précoces, la grande saison pollinique, et les pollinoses tardives dues principalement aux herbacées. Chaque région a ses spécificités au niveau du calendrier pollinique. Pour établir le diagnostic, l’interrogatoire avec le médecin est primordial. Les végétaux sont présentés par familles botaniques dont beaucoup ont une capacité commune à provoquer des allergies.

La grande saison pollinique commence avec les graminées, à partir du mois de mai, dont la floraison peut être plus ou moins tardive. C’est une famille très vaste, composée de 6 000 espèces représentées sur toute la surface du globe. Elles caractérisent certaines associations végétales, telles les prairies naturelles, les savanes, les steppes. Leur caractéristique d’inflorescence est particulièrement adaptée à la dispersion par le vent, car elles oscillent facilement au moindre courant d’air.

La grande saison pollinique

On distingue les graminées fourragères : le brome, le dastyle, la houlque, la fétuque, l’ivraie, la fléole, le pâturin, les plus fréquemment responsables d’allergie pollinique ; et les graminées céréalières, l’avoine, l’orge, qui bien que parfois très nombreuses, ont un rôle clinique plus difficile à évaluer et provoqueraient surtout des réactions allergiques de voisinage.

Cependant, l’étude des différentes graminées ne présente qu’un intérêt théorique car les malades sensibles à l’un des genres, sont en général allergiques à tous, ou tout au moins à un grand nombre d’entre eux. C’est pourquoi les diagnostics et les traitements sont conduits avec un mélange des espèces les plus courantes.

La floraison des graminées est étalée dans le temps : les premiers pâturins peuvent fleurir dès la fin de l’hiver et certaines espèces comme le cynodon dactylon poursuivent leur floraison jusqu’au mois d’octobre. Mais la grande période s’étale sur deux mois, de mi-avril à fin juin en région méditerranéenne, de fin mai à mi-juillet au nord de la Loire. Dans cette même période, on peut trouver également des pollens de moindre importance en quantité mais qui peuvent jouer un rôle d’aggravation ou d’entretien des symptômes allergiques.

Les plantaginacées (le plantain), dont les pollens se dispersent avec le vent (anémophile) et grâce aux insectes (entomophile), fleurissent abondamment d’avril à septembre, avec un maximum en mai-juin. Elles se mêlent souvent aux graminées, ce qui rend difficile l’appréciation de leur responsabilité dans les phénomènes allergiques.

Les polygonacées (l’oseille), du genre rumex, sont largement présentes dans les prairies, dont la floraison se superpose à celle des graminées de mai et juin. Leur influence clinique semble mineure au regard de celle des graminées.

Les urticacées (ortie), ont une influence clinique négligeable, comme la pariétaire ou « perce-muraille » qui se trouve près des lieux habités, vieux murs, bords des chemins, terrains vagues. Par temps chaud et sec, elle libère un véritable nuage pollinique de début avril à mi-octobre, avec un répit de fin juillet à début septembre par manque d’eau, arrêtant transitoirement la végétation. Cliniquement, elle donne des allergies sévères, mais seulement au sud de la Loire qui constitue la limite où la plante ne fleurit plus suffisamment pour être nuisible.

Les pollinoses tardives

Les espèces à risque allergique tardif sont représentées par les chénopodes et des « composées » (armoise, ambroisie).

Les cheniopodiacées (arroche, chénopode) se développent dans les décombres, les sables. La salicorne pousse dans les terrains salés du littoral et les amarantacées, dont l’amarante, est plus commune dans le midi et en Corse du fait de leur préférence pour les terrains secs. Leur floraison s’étend de mi-juillet à octobre et leurs pollens, de morphologie identique pour les deux espèces, se retrouvent fréquemment dans les recueils polliniques. Leur influence clinique reste minime.

Les composées : armoise et ambroisie. L’armoise est très fréquente en Europe. Son développement suit de près l’homme car elle se développe dans les terrains très nitrés. On la retrouve en abondance surtout en périphérie des villes, dans les terrains vagues, les chantiers, les décombres et les bords des chemins. La floraison s’étend d’août à octobre.

L’ambroisie dont la croissance mal maîtrisée en région lyonnaise pose un véritable problème de santé publique, a été déclarée polluant biologique. Elle se développe de façon abondante dans la vallée du Rhône, le Dauphiné, la Loire, l’Allier, le Puy De Dôme, le long des routes, sur les terrains vagues, dans les jachères. Elle parasite certaines cultures. La floraison a lieu mi-août, un peu avant l’armoise en région lyonnaise, jusqu’à la fin septembre avec un maximum la première quinzaine du mois.

Allergie au pollen : comment la reconnaître ?

Le rhume lié à la pollinose est en général plus tardif que l’allergie qui revient chaque année. Elle atteint le plus souvent le grand enfant et l’adulte jeune, mais elle peut apparaître à tout âge, notamment lors des changements d’habitation avec un environnement allergénique différent.

La récidive et l’aggravation des symptômes allergiques notamment au niveau nasal et oculaire, chaque année à la même saison et dans les mêmes conditions d’environnement, orientent le médecin vers le diagnostic de pollinose. Lors de sa première apparition, ces signes sont souvent confondus avec un rhume causé par un virus (rhinite virale).

En pleine saison classique de graminées, le diagnostic est facile à évoquer. Il l’est moins lorsque des espèces précoces ou tardives, dont la date est nettement plus variable d’une année à l’autre, dépendant fortement des conditions climatiques antérieures, sont en cause. Il est également difficile lorsqu’on est face à une sensibilisation à multiples causes.

Le nez et les yeux

Les symptômes prédominants provoqués par les pollens atteignent en premier lieu le nez et les yeux. Les symptômes d’alerte sont les éternuements, le plus souvent en salves, sous forme de crises, suivies d’un écoulement liquide clair, variable dans son abondance et dans le temps. On ressent aussi une obstruction nasale le plus souvent des deux côtés, d’intensité variable, pouvant gêner le sommeil et survenir de manière retardée par rapport au contact avec les allergènes.

Ces symptômes peuvent s’associer à d’autres signes qui prennent parfois le devant de la scène et orientent vers l’origine allergique :

  • démangeaisons (nasales, du voile du palais, du conduit auditif externe ou oculaire) ;
  • maux de tête (témoin le plus souvent d’un trouble de la ventilation nasale et parfois confondus avec des douleurs de sinusite) ;
  • écoulement postérieur des sécrétions (donnant une impression de corps étranger dans la gorge ou des sensations de brûlures du pharynx ou des « picotements pharyngés » parfois très gênants) ;
  • diminution ou disparition momentanée de l’odorat (parfois associé à des troubles du goût), signes généraux (impression de grande fatigue par exemple).

Une sensibilité grandissante

Au fur et à mesure du contact avec les pollens, en l’absence de traitement, s’installe une sensibilité plus importante de la muqueuse nasale, qui réagit pour des quantités de moins en moins importantes de pollens. Des réactions surviennent suite à des stimuli physiques ou chimiques, notamment les changements de température brusque, les odeurs fortes de parfums ou de lessive par exemple, qui font évoquer par les patients atteints, une allergie à tout leur environnement habituel.

Au niveau des yeux, les premiers symptômes se manifestent par des démangeaisons parfois féroces, plus marquées aux angles interne et externe de l’œil. Elles entraînent un larmoiement, une rougeur intense, une sensation de sables dans les yeux ou bien de corps étranger et peuvent aller jusqu’à l’impressionnant chemosis, qui naît de la conjonctive oculaire, formant un bloc gélatineux épais, de part et d’autre de l’iris. Il est heureusement rapidement régressif après éloignement de la source pollinique. Comme sur le plan nasal, une sensibilité importante s’installe rapidement, entraînant une photophobie (l’œil ne supporte plus la lumière). Chez les porteurs de lentille de contact, ces dernières ne sont plus tolérées pendant et après les crises de conjonctivite pollinique.

Les pollens

Les pollens sont les éléments de la reproduction des végétaux, libérés à maturité et transportés soit par le vent (espèces anémophiles), soit par les insectes (espèces entomophiles) sur les plantes, pour assurer la fécondation.

Le Réseau national d’aérobiologie établit un compte hebdomadaire des pollens recueillis dans l’air au niveau de capteurs situés dans différentes régions de France. Il permet de consulter, avec une semaine de décalage, le calendrier pollinique selon la région, et ainsi d’adapter au mieux les traitements préventifs.

Selon les périodes de floraison qui déterminent la pollinisation, on distingue les pollinoses précoces, la grande saison pollinique due aux graminées, et les pollinoses tardives, dues principalement aux herbacées. Avec l’évolution des cultures, l’introduction par des ingénieurs paysagistes de la manipulation des végétaux avec création d’hybrides pouvant s’acclimater partout, les pollens responsables de maladie se modifient avec le temps.

Chaque région a ses spécificités au niveau du calendrier pollinique. Pour établir le diagnostic, l’interrogatoire avec le médecin est primordial. Les végétaux sont présentés par familles botaniques et dans la plupart des cas, on retrouve une capacité commune à provoquer des allergies chez les membres de ces différentes familles botaniques.

Les pollens les plus précoces

Ils apparaissent de janvier à mai, suivant les régions envisagées. Ils sont plus précoces dans le midi qu’à Lyon, à Paris et même que dans l’ouest de la France au climat tempéré, et plus encore qu’à Strasbourg et dans les stations d’altitude, où le calendrier pollinique est plus court du fait d’un cycle floral accéléré. Ce sont les pollens des arbres.

Les bétulacées (bouleau, charme, noisetier, aulne). On les trouve au nord de la Loire et surtout dans l’est. Leur chef de file est le bouleau. Il est aujourd’hui présent dans toute la France du fait de sa croissance rapide et de son élégance. Le charme et le noisetier pollinisent souvent le plus tôt avec l’aulne.

Les fagacées (hêtre, chêne et le châtaignier). Dans les mêmes régions que les bétulacées, on les retrouve dans les forêts de feuillus.

Les cupressacées (cyprès, genévrier, oxycèdre ou cade). Présentes dans le midi plus particulièrement, notamment le cyprès avec une croissance très importante des maladies cliniques, d’asthme, devenant un véritable problème de santé publique en Provence et en région Midi-Pyrénées. Ceci est dû à l’augmentation des haies de cyprès, dont les espèces plantées actuellement fabriquent beaucoup de pollen, et évoluent de décembre à mars et avril.

Les oléacées (olivier, frêne, forsythia, lilas, troène), sont des plantes ligneuses dont l’implantation est variable selon les espèces. Certaines sont uniquement méditerranéennes, comme les oliviers cultivés mais également présents dans les garrigues et les sous-bois. Dans toute la France on retrouve le frêne, de plus en plus souvent responsable d’allergies car son pollen est transporté par le vent (anémophile), comme les lilas, les forsythias et les troènes mais dans un rayon très réduit.

Les platanacées (platane, sycomore). Le platane, très fréquent auparavant dans toute la France sur les bords des routes et les places de villages, tend à disparaître et son influence dans la pollinose régresse. Il pollinise de fin mars à fin avril dans le midi et de mi-avril à début mai à Paris. Le pollen est souvent confondu avec les graines du fruit du platane, petite boule brunâtre pendant au niveau des branches et qui se désagrège au début du printemps, avant la floraison, en libérant des petites graines munies d’un appendice cotonneux très irritant mais non allergisant.

Les salicacées (saule, peuplier) se trouvent surtout dans les lieux humides où on les utilise pour retenir la terre des berges, mais également en oseraies. Leur importance clinique semble faible, bien qu’ils libèrent durant la période des graminées, des appendices cotonneux transportés par le vent.

Les tiliacées (tilleul) peuvent avoir une pollinisation prédominante par les insectes dans une aire réduite. Ils sont cependant capables d’inonder l’air d’un très grand nombre de pollens début juin en Provence et fin juin début juillet dans le reste de la France, pouvant donner des allergies limitées au voisinage.

Les ulmacées (orme, micocoulier). Les ormes ou ormeaux de nos villages disparaissent de notre environnement car ils subissent les attaques d’un champignon microscopique (maladie cryptogamique). En Provence, ils sont de plus en plus remplacés par les micocouliers, plus résistants.

D’autres espèces d’arbres, fréquentes dans certaines de nos régions, ne donnent pas d’allergies fréquentes du fait de leur mode de pollinisation ou de la configuration physico-chimique de leur pollen.

Selon les périodes de floraison qui déterminent la pollinisation, on distingue les pollinoses précoces, et les pollinoses tardives, dues principalement aux herbacées. Chaque région a ses spécificités au niveau du calendrier pollinique. Pour établir le diagnostic, l’interrogatoire avec le médecin est primordial. Les végétaux sont présentés par familles botaniques dont beaucoup ont une capacité commune à provoquer des allergies chez les membres de ces différentes familles botaniques.

Des buxacées comme le buis, pollinisent de la deuxième moitié de mars à mi-avril. Il est très répandu dans les jardins et les terrains caillouteux et secs. Des caprifoliacées, tel que le sureau, sont retrouvées dans les recensements atmosphériques. Certaines abiétacées (sapin, épicéa et pin), pollinisent avec grande abondance. Ils sont responsables des « pluies de soufre » du printemps, recouvrant les voitures d’une poussière jaune. Ils ont en France très peu d’importance allergique.

Des hippocastanacées, comme le marronnier qui, introduit en Europe au XVIe siècle et présent dans toute la France, a son pollen essentiellement dispersé par les insectes (entomophile), ce qui ne le rend qu’occasionnellement allergisant.

Des juglandacées, comme le noyer qui provoque peu d’allergies du fait de sa floraison courte en avril sur une quinzaine de jours, même s’il peut donner des tests cutanés positifs.

Des légumineuses, le robinier ou faux-acacia, dénommé habituellement acacia, avec des inflorescences parfumées, fleurissant en mai mais libérant peu de pollen car essentiellement transporté par les insectes (c’est un arbre entomophile). Il donne quelques rares allergies de voisinage. Le vrai acacia, que nous connaissons sous le nom de mimosa, surtout dans le midi, fleurit en février et ne donne également que des allergies de voisinage.

Des moracées, comme le mûrier sont présents dans la moitié sud de la France, notamment en vallée du Rhône et Provence. Il est cultivé pour l’élevage des vers à soie, comme le mûrier du Japon, planté pour son ombrage dans les endroits secs et qui libère des quantités considérables de pollens, pouvant donner des réactions allergiques intenses.
Des tests et examens permettent de préciser les facteurs d’apparition des pollinoses.

Un asthme pollinique peut apparaître au cours de la saison, en soirée ou en nuit, après le contact pollinique souvent plus intense que de coutume. Il dépend de divers facteurs aussi bien personnels (jeune âge, réactivité particulière des bronches de certains patients), mais également environnementaux en fonction de la densité de pollens respirés et des caractéristiques de ces derniers. Certains pollens donnent en effet plus facilement de l’asthme que d’autres (cyprès, ambroisie, pariétaire, etc.)

Le diagnostic, orienté par l’interrogatoire, est confirmé par les « prick-tests » cutanés, qui consistent à appliquer sur la peau, le plus souvent sur la face externe du bras, les extraits de pollens que l’on a définis en fonction de la saison des symptômes et de l’environnement. On pique à travers la goutte d’extrait de pollen avec une petite pointe calibrée, pour faire pénétrer l’allergène dans le derme. En 10 à 20 minutes apparaît en cas de réaction allergique positive, une papule entourée d’une zone rouge, qui démange. Le résultat est comparé alors aux tests témoins. On dispose de plus du solvant pour le témoin négatif, avec l’histamine, et/ou du phosphate de codéine pour témoin positif.

Ces tests ont une grande sensibilité et une grande spécificité et suffisent dans la majorité des cas pour faire le diagnostic. Dans de rares cas, on peut avoir recours à des examens biologiques, en dosant le taux d’immunoglobulines E spécifique du pollen suspecté, qui témoigne de la sensibilisation au pollen.

Pour affirmer le diagnostic, il est nécessaire d’en établir la pertinence par la confrontation des symptômes observés avec le contact probable avec le pollen, ce qui permettra d’envisager le traitement préventif à effectuer de manière raisonnée.