Allergie alimentaire : Définition et diagnostic

Les symptômes d’une allergie alimentaire apparaissent rapidement après l’ingestion. Comment les reconnaître et quels seront les outils de diagnostic ?

Définition

L’allergie alimentaire inclut tous les symptômes déclenchés par l’ingestion d’un aliment ou d’un additif. Il est nécessaire de faire la différence entre intolérance et allergie alimentaire.

allergie alimentaire

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Les intolérances alimentaires

Ce sont les fausses allergies alimentaires (pseudo-allergiques) dues à une consommation excessive d’aliments riches en histamine (donc apport extérieur) ou en histamino-libérateurs (libérant l’histamine de certaines cellules de l’organisme, donc histamine interne), dans un régime alimentaire souvent déséquilibré, composé avec excès d’aliments riches en histamine ou histamino-libérateurs (exemple : choucroute plus gibier).

Les allergies alimentaires

Les allergies alimentaires entraînent, dès l’introduction de l’allergène même en quantité minime, par l’intermédiaire d’un mécanisme d’allergie immédiate, des symptômes cliniques soit au niveau du système digestif, soit en tout autre point de l’organisme. On différencie donc :

  • Les manifestations digestives : depuis le syndrome oral, local avec démangeaisons et gonflement des lèvres, de la langue, de la gorge, jusqu’aux symptômes intestinaux avec douleurs abdominales et diarrhées, en passant par les manifestations gastriques souvent associées à des nausées et des vomissements.
  • Les manifestations extra-digestives : urticaire et œdème débutant le plus souvent par des démangeaisons des extrémités, pouvant s’étendre jusqu’au choc allergique (dit également anaphylactique) avec malaise, chute de tension et tachycardie (rythme cardiaque élevé) mais également rhinite, conjonctivite et asthme déclenchés dans les minutes suivant l’ingestion des aliments et, surtout chez l’enfant, l’eczéma atopique.

Allergie alimentaire : Diagnoctic

Le diagnostic de l’allergie alimentaire s’organise en trois étapes : la recherche avec l’interrogatoire, la révélation des allergènes par les tests cutanés et la preuve par les tests de provocation.

Le diagnostic de l’allergie alimentaire fait appel à une démarche indispensable permettant de réunir un faisceau d’arguments. Il n’existe pas d’examen miracle.

La première étape du diagnostic

L’étape de l’interrogatoire est primordiale. Elle permettra, à partir des données recueillies, d’établir le rapport de probabilité d’une cause alimentaire reliée aux symptômes et les examens complémentaires à envisager, notamment les tests cutanés. Il faut noter précisément la chronologie des symptômes par rapport aux ingestions d’aliments, les déclenchements ou les aggravations remarqués. Il est tout aussi important de n’omettre aucun produit ingéré sous prétexte qu’il est anodin ou négligeable (comme les compléments vitaminés ou les aliments écologiques tels que la gelée royale ou les infusions).

Cet enregistrement peut se faire à l’aide d’un cahier alimentaire sur lequel seront notés, sur une période de 8 à 15 jours, tous les éléments ingérés, décrits précisément dans leur nature, leur préparation, leur accompagnement (y compris les boissons, les friandises, les médicaments, les compléments vitaminiques). On notera également l’heure d’ingestion ainsi que la description et l’heure des symptômes cliniques. L’analyse de ce cahier, longue et difficile, permettra de différencier vraie et fausse allergie alimentaire et de sélectionner les allergènes alimentaires probables pour la deuxième étape.

Au cours de cette étape, il est nécessaire que les symptômes soient compatibles avec une allergie alimentaire : œdème de Quincke, urticaire, syndrome oral, dermatite atopique, symptômes digestifs aigus, voire asthme ou rhinite (notamment en cas de négativité des tests classiques).

La deuxième étape du diagnostic

Cette étape de révélation est constituée surtout des tests cutanés, en prick-test, c’est-à-dire en déposant une goutte de l’allergène suspecté sur la peau et en piquant à travers avec une fine pointe. Ces tests ne sont ni douloureux, ni dangereux s’ils sont effectués dans de bonnes conditions par des personnes spécialisées. La plupart des tests sont faits avec des extraits commerciaux d’aliments, à une concentration précise, mais pour les aliments contenant peu de protéines, ces extraits sont de mauvaise qualité et donnent fréquemment des faux négatifs. Pour ce type d’aliments, il est préférable de faire le même test avec des aliments frais.

Pour pallier ces risques d’erreurs, il faut s’assurer de la pertinence du diagnostic de l’allergie. Dans certains cas, il n’est pas possible d’effectuer des tests cutanés, il est alors possible de demander un examen biologique qui dose le taux d’Immunoglobulines E, anticorps de l’allergie, spécifique de l’aliment suspect. Les résultats sont donnés quantitativement et peuvent, pour certains allergènes, apporter une aide au diagnostic. L’écueil de cet examen est la mise en évidence d’une simple sensibilisation, non responsable de réaction allergique. Elle peut conduire à des erreurs de diagnostic et des sanctions thérapeutiques inadaptées, parfois dangereuses, notamment en terme de régime d’éviction.

Dans un certain nombre de cas, les étapes précédentes suffisent pour poser le diagnostic, mais dans les cas douteux, ou lors de la découverte de plusieurs sensibilisations, il faut que l’enquête puisse déterminer le ou les responsables. On a alors recours au test de provocation qui consiste, sous surveillance médicale stricte, à réintroduire dans l’organisme l’aliment suspect.

Le plus simple est le test de provocation labiale, qui consiste à déposer une petite portion de l’aliment suspect au niveau de la lèvre inférieure et d’observer la réaction.

L’étalon OR des tests réside dans le test de provocation orale, qui consiste à faire ingérer par le patient des petites doses de l’aliment suspect, à doses croissantes et d’observer les réactions, qui peuvent parfois être très rapides et sévères, ce qui justifie leur pratique sous surveillance médicale stricte, avec tous les moyens de traitement pour juguler l’éventuelle réaction déclenchée.

La troisième étape

La troisième étape sera celle du diagnostic de l’allergie, c’est-à-dire du rapport des sensibilisations alimentaires retrouvées avec la maladie observée. Cette étape fait appel aux différents examens complémentaires, qui dépendent de la pathologie, des allergènes et restent du ressort du spécialiste.

D’où cela vient-il ?

La fréquence de l’allergie alimentaire n’est pas bien connue du fait de la diversité des symptômes et de sa méconnaissance notamment par les services d’urgence. Généralement, elle est plus élevée chez l’enfant (de 0,3 à 7 %, selon les études). La répartition des aliments responsables est liée aux traditions alimentaires mais également aux changements du mode alimentaire par le passage d’une alimentation traditionnelle familiale vers une alimentation industrielle.

Allergie alimentaire : Comment cela marche-t-il ?

Les réactions allergiques alimentaires arrivent rapidement après la prise alimentaire et peuvent se manifester par des réactions modérées (démangeaisons buccales, nausées, crampes abdominales, eczéma, et urticaire) mais également par des réactions plus sévères (œdème du larynx avec étouffement, crises d’asthme sévères, rarement le décès).

 
Fausse allergie alimentaire : Mécanisme

Les fausses allergies alimentaires impliquent un mécanisme histaminique non immunologique.

Le mécanisme des fausses allergies alimentaires est dû à l’apport ou à la libération non immunologique de médiateurs chimiques de l’hypersensibilité immédiate notamment l’histamine, mais également la tyramine, précurseur de l’histamine. Toute suspicion d’allergie alimentaire débutera par une enquête des habitudes alimentaires pour mettre à jour les aliments ingérés en excès.